Dans un point de presse: Robert Bopolo explique les enjeux de la COP 22

robert_bopoloAvant de s’envoler vers le Maroc, M. Robert Bopolo, ministre de l’Environnement, conservation de la nature et développement durable  a animé le mardi dernier un point de presse dans son cabinet de travail, sur les enjeux de la participation de la Rdc à la 22ème session de la Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP 22). Pour le ministre, cette conférence de Marrakech (COP 22) marque une étape décisive dans l’opérationnalisation de l’Accord de Paris dont l’entrée en vigueur pourra intervenir plus tôt que prévu (avant en 2020), suite à sa ratification massive. En effet, à ce jour environs 74 parties (pays) l’ont ratifié et ceci représente plus de 58,82 des émissions globales mondiales.

« A Marrakech, les principaux enjeux consisteront à “l’innovation en matière d’adaptation et d’atténuation aux effets des changements climatiques”, et “au développement des outils et mécanismes d’opérationnalisation de l’Accord de Paris, notamment un plan d’action et une feuille de route pour la mobilisation de 100 milliards de dollars américains pour la période d’avant 2020 », dit-il, avant d’ajouter que les enjeux de la 22ème session de la Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et de la 12ème session de la Conférence des Parties servant de réunion des Parties au Protocole de Kyoto (COP22/MOP12) consiste également à renforcer l’ambition d’ici 2020, il sera l’occasion pour: donner un contenu plus étoffé à la définition des outils nécessaires en vue de garantir l’efficacité et la transparence des Mesures, Notifications et Vérifications, ainsi que le renforcement des mécanismes de suivi ; clarifier davantage le dispositif institutionnel de l’adaptation sous la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques.

Ce processus devra, également, permettre de préciser davantage les aspects qualitatifs et quantitatifs liés à l’objectif global de l’adaptation ;  créer des mécanismes de renforcement des capacités sous les auspices des Nations Unies qui viendrait harmoniser, habiliter, soutenir et interconnecter les Centres de Compétence sur les Changements Climatiques existants. L’objectif est d’établir des Centres de Compétence régionaux dans le cadre d’une coopération Sud-Sud ; encourager la facilitation du transfert de technologies en incluant dans la réflexion des acteurs tels que l’Organisation Mondiale du Commerce ou la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement ; aborder la question des obstacles écologiques au commerce et saisir la forte visibilité dont jouit le secteur des Assurances en liaison avec les changements climatiques à travers le monde et son intérêt inhérent à promouvoir des solutions locales d’adaptation.

Il s’agira également de consolider la mobilisation des acteurs dans le cadre du plan Paris-Lima puis Paris-Marrakech” pour la continuité du programme d’actions pour “la promotion de l’action climatique transformative” porté par le Pérou, la France, l’équipe de soutien du Secrétaire Général des Nations Unies pour les changements climatiques et le Secrétariat de la Convention- Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

100 milliards de dollars Us à mobiliser

Il sied de souligner que l’accord reconnaît que 100 milliards de dollars (en prêts et en dons) devront être consacrés chaque année à partir de 2020 à financer des projets permettant aux pays de s’adapter aux changements climatiques (montée des eaux, sécheresse …) ou de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Ces financements devraient augmenter,environnement2 comme le précise l’accord. Certains pays en développement, sur une base volontaire, pourront aussi devenir des donateurs pour aider les pays les plus pauvres. C’est une nouveauté. En 2025, un premier rendez-vous est prévu dans l’accord afin de prendre de nouveaux engagements chiffrés pour l’aide aux pays les plus pauvres.

L’Afrique représente moins de 4  des émissions de C02 au niveau mondial, et a besoin de ressources importantes pour s’adapter à une situation climatique dont elle n’est pas responsable. Les besoins d’adaptation du continent ont été estimés entre 7 et 15 milliards de dollars par an d’ici à 2020 et pourraient passer à 50 milliards de dollars d’ici à 2050.

L’Accord de Paris recommande vivement que les pays développés augmentent l’aide financière équilibrée (tant en termes d’atténuation que d’adaptation) qu’ils fournissent aux pays en développement, et appelle les pays développés à respecter leur engagement s’élevant à 100 milliards de dollars américains par an à l’appui des pays en développement.

Selon les termes de l’Accord de Paris et des décisions qui l’accompagnent, le Fonds Vert pour le Climat qui dispose actuellement d’une capitalisation initiale de 10,2 milliards de dollars américains, sera renfloué par les pays développés afin de canaliser des financements climatiques équivalents 100 milliard de dollars américains à partir de 2020, année prévue pour l’entrée en vigueur de l’Accord. Cette manne financière se présente indubitablement comme une opportunité pour la Rdc.

Sur le plan du financement énergétique, il est important de pouvoir relever que les pays développés ont pris l’engagement formel de mobiliser 10 milliards de dollars américains de financements publics d’ici 2020 sous forme de prêts et de dons afin de déployer en Afrique 10.000 MW supplémentaires d’énergies renouvelables à cette échéance, et 300.000 MW d’ici 2030. La France va mobiliser 3 milliards d’Euros à cette fin. Il y a lieu de rappeler ici que toutes les simulations actuelles pour développer une telle capacité énergétique sur le continent, à moyen ou à long terme, impliquent le potentiel hydroélectrique de la Rdc. Donc une opportunité de taille pour notre pays de pouvoir préparer un pipeline de projets de construction et réhabilitation d’infrastructures énergétiques éligibles à cet appui bilatéral.

Avenir

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