Fluctuation des prix de cuivre : la RD Congo doit renforcer sa résilience

La Foundation Open Society Initiative for Southern Africa, (OSISA), en collaboration avec Africa Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD) a publié le mardi 29 août 2017, dans la salle Mgr Munzihirwa au Centre Culturel Boboto un rapport d’étude sur l’impact des fluctuations  des cours de cuivre sur le programme de développement de la RD Congo de 2010 à 2016.

D’après cette étude, la RDC doit diversifier son économie en vue de renforcer sa résilience face aux fluctuations des cours des minerais.

Avec des réserves dépassant 155 millions de tonnes, le cuivre est le produit minier le plus répandu en RD Congo. Son potentiel et celui des métaux qui l’accompagnent, soit 10% des réserves mondiale du métal rouge et 34,0% du cobalt placent la RDC au rang de 6ème producteur mondial pour le cuivre et au 1er rang mondial pour le cobalt.

L’économie congolaise très dépendante des cours du cuivre

Selon l’étude, l’économie congolaise reposant essentiellement sur le secteur minier, l’exploitation du cuivre y occupe une place privilégiée. Cependant, renchérit l’auteur, l’exploitation du cuivre est axée sur des investissements essentiellement étrangers et à capital intensif qui s’accaparent quasi-exclusivement du surplus généré par l’ensemble de la branche d’activité.

Il ressort de cette étude que la vulnérabilité de la RD Congo est exacerbée du fait d’un indice élevé de concentration de ses exportations, la majeure partie de ses exportations portant sur des marchés limités, et sur une base très étroite, à savoir essentiellement des matières premières non transformées, dont principalement le cuivre. Les produits de base constituent 80% du total des exportations de la RDC. A côté de cela, il y a la dépendance vis-à-vis de quelques destinations, en particulier la Chine, fait de la RDC un pays ayant l’un des niveaux les plus élevés de concentration géographique de son marché à l’export en Afrique subsaharienne. S’agissant des produits, le taux de concentration de la RDC figure parmi les dix plus élevés de l’Afrique subsaharienne. Ainsi, la RDC est exposée plus que tout autre pays en Afrique subsaharienne aux variations des indicateurs macroéconomiques de la Chine.

L’Etat congolais appelé à diversifier les structures des produits à l’exportation

L’étude reconnaît que les principaux obstacles qui retardent la transformation des économies demeurent jusque-là l’insuffisance d’infrastructures, la faiblesse des ressources humaines, les déficiences de gouvernance, la faible qualité de l’environnement des affaires et enfin l’instabilité sociopolitique. Néanmoins pour renforcer sa résilience, L’auteur de l’étude  recommande au gouvernement congolais l’intensification de la lutte contre la corruption et l’impunité, l’instauration de la culture de la redevabilité, la diversification des structures des produits à l’exportation et de destinations ; la création d’un fonds de stabilisation afin de capter les recettes procédant du secteur minier pendant le booms miniers ; l’ajustement des politiques monétaires et fiscales pour accroître l’épargne intérieur et maximiser les ressources internes comme mécanismes d’anticipation de baisse des cours de matières premières, etc.

Notons que ce rapport d’étude est un draft d’une étude ayant pour vocation d’approfondir la compréhension des facteurs et impacts de la volatilité des prix des produits de base sur les revenus de certains pays de la région de la SADC. Il avait pour objectif de passer en revue l’économie du cuivre en RD Congo, son importance dans le budget national. Il a également évalué l’impact des fluctuations des cours de cuivre sur le développement de la RDC.

CERN

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