Problématique du transfèrement des eaux de l’Oubangui

Avec le changement climatique, la République Démocratique du Congo qui dispose de la plus grande forêt équatoriale après celle de l’Amazonie au Brésil, avec autant de cours d’eau, constitue le poumon écologique pour l’Afrique. Au regard de ses potentialités, ce pays  se trouve à la croisée de chemins avec la demande pressante de la République du Tchad dont le lac connaît la sécheresse, sans oublier l’avancée du désert dans le bassin du lac Tchad. Depuis, des études ont eu raison sur une possibilité de transférer les eaux de la rivière Oubangui vers le lac Tchad. C’est à quoi la Commission Environnement et Ressources naturelles de l’Assemblée nationale réfléchit dans un atelier de haut niveau

Ils sont en atelier de haut niveau sur la problématique  de transfèrement des eaux de la rivière Oubangui vers le lac Tchad. Ce sont les députés nationaux membres de la Commission Environnement et Ressources naturelles qui se penchent sur cette problématique qui prend les allures de menaces de guerre contre la République Démocratique du Congo, au cas où elle ne transférait pas ses eaux de la rivière Oubangui vers le lac Tchad en sècheresse.

La partie tchadienne en commission a sollicité de l’Etat congolais un transfèrement de 3000 m3/ seconde, alors que la rivière en soi de part ses environs, accuse déjà une sécheresse en perspective. D’où, l’importance de cet atelier de haut niveau entre les élus du peuple et la délégation tchadienne dans la salle de Banquet du Palais du peuple du Congo afin d’examiner la faisabilité de ce projet et ainsi faire renaitre le lac Tchad en souffrance à cause de la sècheresse et de l’avancée du désert dans cette région.

La seule possibilité de redonner de l’eau au lac n’est autre que la rivière Oubangui, alors que celle-ci pose le problème de navigabilité. En effet, il y a 10 ans, la rivière avait un rythme de navigabilité de 12 mois sur les 12. Aujourd’hui, apprend-on, elle est au rythme de 4 mois par an, alors que dans les environs de la rivière Oubangui, il y a des signes de sècheresse, puisque dans l’ancienne province de l’Equateur en République Démocratique du Congo, plusieurs rivières d’il y a 10 à 15 ans  sont en difficulté de ravitailler en quantité suffisante la rivière Oubangui, soit elles n’existent plus.

Par ailleurs, la partie tchadienne soutient qu’avec le transfèrement des eaux de l’Oubangui, cela permettra la construction du barrage hydraulique à Baramo, dont l’impact économique sera significatif, étant donné que les régions voisines bénéficieront de l’électricité au quotidien.

Les causes de la sècheresse du lac Tchad

A en croire les  études de faisabilité, la première cause de la sécheresse, c’est la baisse de la pluviométrie qui est la cause naturelle et principale nonobstant l’irrigation du lac. Cependant, l’une de voie sollicitée par le transfèrement des eaux de la rivière Oubangui, est la construction du barrage hydro-électrique susceptible d’amener de l’électricité ou par irrigation de la rivière. L’une des deux, semble être impossible au regard des causes naturelles de la pluviométrie qui entraine presque plus de 9 pays de la région. Ceci dit, le problème que connait le bassin du lac Tchad est semblable à celui que connait le bassin du Fleuve Congo avec la sècheresse des certaines rivières jadis disposait de quantités suffisantes d’eau. D’où, la question est de savoir comment la construction du barrage hydro-électrique à Baramo dans le bassin du Lac Tchad peut influencer la navigabilité de la rivière Oubangui ?

Il faut indiquer que l’une des causes également de l’assèchement du lac Tchad et le niveau bas de celui-ci qui nécessite d’être balisé dans sa profondeur, puis orienter les autres rivières qui l’entourent vers ce lac, tout en ayant fait l’étude d’impact environnemental et social.

Malgré les financements, la difficulté de balisage

A ces difficultés de transférer l’eau de la rivière Oubangui vers le lac Tchad, l’on est buté aux impératifs des études financées en l’occurrence les trois projets de financement de la Régie des Voies Fluviales, à ce que le PTM qui finance des études hydrographiques depuis 2013 au regard de financement de novembre 2015. Malgré le financement de ce projet, le Lualaba qui part de Bukama à Nkongolo se trouve en difficulté d’irrigation et il en va des axes Kindu-Ubundu et la rivière Kasaï à la rivière Kwilu qui posent problème. L’expertise faite par rapport à la problématique sur terrain nécessite plus de moyens par rapport aux financements avancés.

Dans la même optique, le FMI a créé un fond de financement de balisage ; L’union Européenne a créé une commission d’entretien de baliseur. Elle a financé l’acquisition de nouvelles unités baliseurs ; de centre de traitement de données hydrographique ; campagne de construction de bornes hydrographiques sur tronçon en cours vers la Tanganyika. La Coopération Technique Belge en 2012 qui a financement le projet de désensablement du port de Kalemie.

Malgré ces financements en hydrographies, il se pose le problème des ressources humaines au Congo. Le pays manque des hydrologues qualifiés susceptibles de résoudre la problématique des sources d’eau aussi bien les contraintes logistiques qui se posent de baliseurs.

Ceci indique que le transfèrement des eaux ne peut être possible qu’après un certain nombre des préalables et des études de pré, et faisabilités en tenant compte des aspects économiques, scientifiques et environnementaux.

D’où, la problématique de la quantité à transférer au lac Tchad alors que les rivières de la République Démocratique du Congo accusent le même problème de la sécheresse.

Bien que le bassin du fleuve Congo à la capacité de 3.399.000Km2, ce dernier est affaiblie par une baisse de pluviométrie de plus de 9 pays environnants depuis 1960. Tenant compte de grands rifts de Kisangani à Mbandaka traversant 32 chutes partant de Kinshasa à Matadi est dans un état non navigable.

La nécessité de consulter le peuple

La question est hyper sensible. A cela s’ajoute les menaces de l’Egypte, de la Jordanie et d’Israël qui sollicitent également les eaux du fleuve Congo.

D’où, la nécessité de soumettre la question au référendum conformément aux dispositions constitutionnelles. Ici, la constitution dispose en son article 5: « La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants. Aucune action du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice ».

(Pius Romain Rolland)

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