RDC : Kolwezi accueille la première Alternative Mining Indaba

Il s’est tenu du 23 au 25 mai 2017 à Kolwezi, dans la province du Lualaba, les travaux de la première Alternative Mining Indaba de la RD Congo (AMI/RDC). Les participants ont échangé sur l’impact des activités minières de la province du Lualaba sur les communautés et le développement de la province.

Sous le thème : « Impacts des activités minières sur les communautés et l’économie locale », les travaux du premier AMI/RDC ont été ouverts par le Gouverneur de la province de Lualaba, son E. M. Richard Muyej. Son mot a été précédé par l’allocution du Coordonnateur de la Société civile de Kolwezi, M. Felix Tambwe et celle de Mgr Sébastien Muyengo, Evêque d’Uvira et Président de la Commission Episcopale pour les Ressources Naturelles de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CERN/CENCO). Il a été question de réfléchir sur un cadre permettant aux différentes parties prenantes de promouvoir la bonne gouvernance des ressources naturelles et aussi des activités alternatives capables d’inciter l’économie des provinces minières.

Produire pour les besoins des autres ou produire d’abord pour nos besoins ?

Dans son allocution, le président de la CERN/CENCO, Mgr Sébastien Muyengo s’est interrogé sur la vision de l’exploitation des minerais : « Produire pour vendre selon les besoins des autres ou produire d’abord pour nos besoins dans un marché à vitesse automatique dont le levier n’est pas à notre portée ? » Tout en retraçant le voyage effectué d’Uvira, son diocèse, jusqu’à Kolwezi, l’Evêque a soulevé quelques difficultés auxquelles fait face la population congolaise alors que la RD Congo est surnommée « scandale géologique » à cause de l’abondance des ressources dont elle regorge. L’Evêque d’Uvira a invité les participants à aiguiser leur conscience en vue d’assumer ses responsabilités car il est possible de protéger la maison commune qu’est la terre tout en jouissant de ses ressources. « Il est vrai que nous vivons tous dans la « maison commune » : notre planète terre. D’elle nous puisons les ressources, et dans elle et sur elle nous vivons et trouvons refuge. Tout en protégeant notre terre, nous n’avons pas le droit de vivre malheureux », a déclaré le président de la CERN/CENCO.

 

Trois jours d’échange sur divers thèmes

Plusieurs thèmes ont été abordés au cours de cette rencontre. Les organisations de la société nationales ont échangé sur l’exploitation minière et le développement, la cohabitation entre communautés locales et industries extractives, le commerce illicite des minerais et son impact sur la stabilité et le développement ; la vision minière africaine et le code minier congolais, les mines et le développement des provinces minières ; les impacts des activités minières sur la femme et les enfants ; les impacts environnementaux des activités minières ; le rôle des parlements provinciaux dans le suivi des activités minières ; les responsabilités sociales des compagnies minières et la problématique des paiements sociaux ; les expériences des communautés locales face aux impacts des activités minières industrielles ; l’exploitation artisanale ; les taxes, les droits et les redevances minières ; la corruption, la fraude, l’évasion fiscale et leurs conséquences sur l’économie nationale et le social des populations.

Après deux jours de discussions, il a été constaté que les communautés ne bénéficient pas de l’exploitation minière suite à la corruption, la mauvaise gouvernance du secteur extractif, le non-respect de lois par les entreprises minières et l’exclusion de ces communautés dans la prise de décisions. Par conséquent, les femmes et les enfants se donnent aux activités précaires de survie, il y a récurrence des maladies chroniques et la dégradation de l’environnement.

Les communautés encouragées à s’orienter vers d’autres activités

A en croire les participants, le forum a été très enrichissant et bénéfique. « En tant que Société civile, j’ai compris qu’il était de la responsabilité des entreprises d’accompagner les communautés locales et d’encadrer les artisanaux. De notre côté, nous devons encourager les communautés locales à s’adonner à d’autres activités rémunératrices en dehors de l’exploitation minière », a déclaré Mlle Christine Mansiantina, point focal de l’Observatoire de Ressources Naturelles de Matadi. De son côté, l’Abbé Jean Paul Lokutu, Point focal de l’Observatoire des Ressources Naturelles d’Inongo, le forum lui a soufflé quelques sujets de réflexion en ce qui concerne l’exploitation du bois qui constitue la principale ressources de sa province, le Maï-Ndombe, alors que le monde entier fonde son espoir sur la forêt du bassin du Congo.

Les ressources minières sont épuisables

La Société civile congolaise inquiète de voir un jour la RD Congo dépouillé de toutes ses ressources sans trace concrète de développement de la société congolaise. Les participants ont recommandé au gouvernement de la RD Congo de mettre en place des mécanismes d’appropriation des minerais et une gestion qui garantit un développement intégrateur et soutenu.

Quant au gouverneur de la province du Lualaba, la Société civile l’invite à mettre fin à l’exploitation artisanale non autorisée et non contrôlée, à interdire la présence des femmes enceintes et des enfants dans les carrières minières, à obliger tous les détenteurs de carrières minières à construire les dépôts d’achat des minerais en matériaux durables et au standard décent et acceptable.

 A l’issue de cette rencontre,  les organisations de la Société ont effectué une marche jusqu’au gouvernorat de Lualaba en vue d’y déposer un mémorandum invitant les gouvernants à s’impliquer dans la question de la reforme du secteur minier. Le mémorandum a été reçu par le gouverneur de la province du Lualaba en personne. Celui-ci s’est réjoui du choix de sa province pour cette première édition d’AMI/RDC. Il a garantit de l’hospitalité de sa province à accueillir les prochaines éditions de l’AMI/RDC.

CERN

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