Revue de presse du 01 au 02 mai 2017

« RD Congo : tensions entre les miniers et la SNEL à propos de l’énergie importée de l’Afrique du Sud« , rapporte l’Agence Ecofin. La SNEL, la société nationale en charge de la fourniture électrique, vient en effet de conclure avec l’Eskom un accord sur l’importation de 200 MW et s’impose en intermédiaire entre la compagnie sud-africaine et les entreprises minières installées dans la province du Katanga auxquelles cet approvisionnement est destiné. Lors des négociations avec l’Eskom, les miniers avaient émis le vœu de s’approvisionner directement auprès d’elle, mais cette doléance était contraire aux lois du Pool énergétique de l’Afrique australe qui exigent qu’ils passent par leur compagnie nationale d’électricité. Cependant, selon les dires de Ben Munanga, le président de la commission énergie de la Chambre des mines, les charges prévues par la SNEL sont si exorbitantes que les compagnies minières n’envisagent même pas encore un début de négociations. « Au lieu d’être un facilitateur de la transaction, la SNEL veut réaliser du profit.» s’est-il récemment plaint à Reuters. A en croire le porte-parole de la SNEL, Médard Kitakani, son organisation est une société commerciale et doit agir en tant que telle, tout en servant les intérêts de l’économies nationale.

Deux investisseurs internationaux lancent une plateforme énergétique commune pour soutenir l’énergie en Afrique subsaharienne. Il s’agit de la Société de développement du Commonwealth (CDC) et du Fonds Aga Khan pour le développement économique (Akfed) à travers le Service de promotion industrielle, sa branche consacrée au développement industriel et infrastructurel. La plateforme sera principalement consacrée à la mobilisation des fonds pour la réalisation de projets énergétiques d’une valeur de 1 milliard $ dans la région, notamment au Kenya et en Ouganda, mais aussi dans le reste de l’Afrique de l’Est et en Afrique de l’Ouest. Parmi les projets concernés, le barrage hydroélectrique de Ruzizi II, d’une capacité de 147 MW, destiné à alimenter le Burundi, la République démocratique du Congo et le Rwanda. « Le projet Ruzizi permettra de doubler la puissance énergétique du Burundi, accroître celle du Rwanda de 30%, fournira de l’énergie à la partie est de la RDC, tout en diminuant la dépendance de ces différents pays aux ressources fossiles.», a affirmé la CDC dans un communiqué. Agence Ecofin.

« Report de l’enrôlement d’électeurs au Kasaï après de nouvelles violences« , écrit La VOA/AFP. La Commission chargée d’organiser les élections en République démocratique du Congo a annoncé lundi avoir reporté sine die l’enrôlement des électeurs dans deux provinces du Kasaï dans le centre du pays après le meurtre d’un chef d’antenne par des rebelles présumés. Le 3 avril, le chef d’antenne de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de Dekese dans le Kasaï-central, Philippe Iyidimbe, « a été décapité par des miliciens de feu chef coutumier Kamwena Nsapu à Dekesa » alors qu’il se rendait à Tshikapa dans la province voisine du Kasaï pour y former des techniciens-logisticiens, écrit la Ceni dans un communiqué publié lundi. Après ce meurtre et des « destructions » du matériel électoral, des locaux de la Ceni, « l’enrôlement des électeurs au Kasaï-central et au Kasaï (centre), qui devait initialement commencer le 30 avril, a été reporté [sine die] à cause de l’insécurité » provoquée par la rébellion de Kamwena Nsapu, a déclaré le président de la Ceni Corneille Nangaa, interrogé par l’AFP.

« Rutshuru: une cinquantaine de pêcheurs otages des Mai-Mai » informe le même organe de presse. Une cinquantaine des pêcheurs habitant au Sud du Lac Edouard dans le territoire de Rutshuru sont pris en otage depuis une semaine par un groupe des Mai-Mai se réclamant d’un certain chef de guerre dénommé Charles, ont dénoncé mardi 2 mai des organisations de défense de l’environnement et des droits humains œuvrant dans le Nord-Kivu, dans une lettre adressée au gouverneur du Nord-Kivu. D’après ces ONG, ces miliciens reprochent aux pêcheurs d’avoir refusé de verser la somme de 10 000 francs congolais (7 USD) au titre de taxe hebdomadaire de pêche qu’ils ont instaurée. Pour obtenir la liberté, les personnes capturées ou leurs proches doivent payer entre 100 000 et 250 000 francs congolais, ont déploré ces organisations. Elles ont de ce fait plaidé pour l’organisation des opérations militaires conjointes FARDC-MONUSCO afin de mettre fin à l’activisme de ce groupe armé dans ce secteur.

Au Nord Kivu, le ministre provincial des Mines, Anselme Katakya indique que sa province exporte en moyenne cent tonnes de coltan le mois. Il l’a dit, samedi 29 avril, au cours d’une conférence de presse, tenue à Goma. Pour Anselme Katakya, cette production des ressources minérales est faible suite à une production artisanale et une commercialisation sans valeur ajoutée. Il a également déploré le manque de financements, le prix imposé de l’extérieur, la fraude et l’absence d’unité de raffinage mais surtout la conflictualité autour des sites minière de la province. Le ministre provincial des Mines du Nord-Kivu reconnait que sa province maîtrise actuellement ses statistiques en production minière depuis la loi Dodd-Frank. Il a par ailleurs indiqué que le Nord-Kivu regorge une diversité des ressources notamment le coltan, la cassitérite, le purochlore, le wolframite, l’or et bien d’autres matières précieuses. Radio Okapi.

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