Revue de presse du 26 au 27 juin 2017

« Matières premières : de l’or artisanal extrait « légalement » dans l’Est de la RDC sur le marché international », renseigne l’Agence Adiac-Congo.  Fair Trade Jewellery, un bijoutier opérant à Toronto, a réussi l’exploit d’importer trois barres aurifères de 238 grammes vers le Canada grâce à une chaîne d’approvisionnement fiable partant du site minier jusqu’à l’exportateur. En quelques jours, la bijouterie torontoise a conçu quatre magnifiques bagues en or pour les consommateurs canadiens. Il s’agit d’un minerai dont le numéro de lot gravé indique exactement la province de l’Ituri, dans l’Est du pays. Pour Partenariat Afrique Canada et Fair Trade Jewellery, un tel événement ne peut que marquer une réelle avancée majeure. La RDC vient d’effectuer la première exportation d’or artisanal de manière tout à fait libre et responsable, ajoutent les deux partenaires. Comme l’explique Partenariat Afrique Canada, le projet baptisé « Or juste » permet d’instaurer un système de traçabilité pour l’or artisanal afin de le rendre légal et libre de conflit en RDC. Quant à la bijouterie torontoise, elle rappelle que l’opération est une première dans le secteur des ressources naturelles en RDC.

« L’Agence française de développement se défend de livrer les forêts du Congo aux grandes concessions », écrit Le Monde.  Une coalition d’ONG environnementales demande à l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale de rejeter le projet de la France en République démocratique du Congo. Le bras de fer entre les ONG environnementales et l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI, en anglais) s’était jusqu’à présent joué dans le huis clos de commissions techniques ou d’antichambres parlementaires. Il a pris, mercredi 21 juin, une tournure plus officielle avec l’envoi d’une lettre à la première ministre norvégienne, Erna Solberg, lui demandant de retirer son financement à un projet « qui pourrait sérieusement dégrader la deuxième forêt tropicale du monde en République démocratique du Congo et relâcher des milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère ». A travers CAFI, Kinshasa devrait recevoir 200 millions de dollars d’ici à 2020 pour financer cette stratégie dont la réussite détermine l’avenir de 7% des forêts tropicales mondiales. La multiplication de grandes concessions forestières qui ressort de la proposition de l’AFD mettant en avant la sous-exploitation de la forêt congolaise et les importantes « opportunités de développement économique » que cela permet d’envisager est au centre de ce malentendu. Elle évalue ainsi un scénario qui conduirait à multiplier par trois les superficies accordées aux exploitants industriels de 11 millions d’hectares aujourd’hui à 30 millions d’hectares – et à multiplier par quinze le volume de bois prélevé. Cette perspective n’a pas simplement fait s’étrangler les ONG environnementales, elle a aussi fait tousser les partenaires de CAFI. Le siège de l’agence, à Paris, repousse les critiques. Pour Frédérique Willard, Chargée du projet,  Il ne s’agit pas seulement d’un projet d’appui aux grandes concessions. Il est aussi question d’aider la RDC à mettre en œuvre sa politique forestière et à construire une filière qui intègre les milliers d’artisans dont la très grande majorité coupe aujourd’hui en totale illégalité.

« RD Congo : la Banque centrale relève son principal taux directeur de 6 points de pourcentage à 20% pour stabiliser le franc congolais », titre l’Agence Ecofin. Ce lundi, la Banque centrale de la République Démocratique du Congo a annoncé dans un communiqué qu’elle relevait son principal taux directeur de 14% à 20% désormais, pour stabiliser le franc congolais devenu trop volatile. L’économie de la RD Congo, principal producteur de cuivre en Afrique, a été fortement touchée par la chute mondiale des prix des matières premières au cours des deux dernières années, ce qui a réduit les recettes en devises face à un marché domestique qui en demande de plus en plus. Au nombre des perspectives pour 2017, la Banque centrale a déclaré ce mois-ci, qu’elle s’attend à une croissance économique de 3,1% cette année, tout en se maintenant sous une inflation annuelle de 33,12%, contre 25,04% en 2016.

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