Revue de presse du 31 mai au 01 juin 2017

« Filière extractive : le business de la certification », rapporte Jeune Afrique. En demandant aux entreprises technologiques d’être transparentes sur leur approvisionnement pour éliminer le risque de blanchissement de « minerais de conflits », l’administration américaine a favorisé la création, depuis 2014, d’un véritable marché : celui de la certification minière. Dans la région des Grands Lacs, c’est une ONG britannique, l’Itri (ex-Institut international de recherche sur l’étain) qui en détient aujourd’hui le quasi-monopole. Son chiffre d’affaires n’est pas communiqué, mais étant donné la production d’étain dans la région (7 000 tonnes en 2016 selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis), celui-ci a un potentiel d’au moins 1,8 million de dollars (1,6 million d’euros) pour ce seul minerai. L’Itri délivre en effet des autorisations d’exporter moyennant environ 260 dollars la tonne pour la cassitérite. Elle donne également des « tags » (étiquettes) censés prouver que les minerais n’ont pas profité à des groupes armés. Ceux-ci sont attribués aux concessions minières transparentes sur la base d’une estimation de leur production. Or ces projections ne sont pas toujours conformes à la réalité. « Souvent des tags donnés pour une mine certifiée sont utilisés pour blanchir du minerai venant d’une autre, assure l’entrepreneur français Benjamin Clair. 

« Haut Katanga : l’Asadho exhorte la société Ruashi Mining S.A à réparer les dommages causés aux populations du quartier Luano », écrit Adiac-Congo. Dans un communiqué du 30 mars, l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho) s’est dit très préoccupée par la persistance de la souffrance des populations vivant aux alentours de l’usine de la société Ruashi Mining SA, causée par la pollution environnementale à répétition suite aux activités minières, dans la province du Haut Katanga. Citant des témoignages recueillis auprès de populations du quartier Luano, ainsi que le constat fait par son équipe sur terrain à Lubumbashi, cette ONG a relevé qu’en date du 27 janvier 2017, entre 20h30 et 10h45 du matin du 28 janvier, une équipe de cette société minière, profitant de la forte pluie qui s’abattait sur la ville de Lubumbashi, a ouvert les vannes et rempli son bassin de décantation dépourvu de géo-membrane. « Les eaux minéralogiques acidifiées provenant de ce bassin ont été déversées dans la rivière Ruashi, affluent de la rivière Luano, avant de se diriger vers les champs des maraichères, envahir et endommager plusieurs hectares de cultures, unique moyen de survie des habitants du quartier Luano », a regretté l’Asadho. Devant cette situation, l’Asadho attend du ministre national en charge des mines d’ouvrir un dossier à charge de la société Ruashi Mining SA, en vue d’évaluer l’impact de différents cas de pollution sur les populations de la Ruashi, et à inviter la société Ruashi Mining SA, en application du principe pollueur payeur, à procéder à la juste indemnisation des victimes.

« Industries forestières : un désordre savamment entretenu pour permettre la fraude et l’évasion fiscale ? », titre Le Maximum. Selon le ministre des Finances, Henri Yav Mulang, le Trésor public a perçu juste 399.082,84 dollars du secteur du forestier pour le quatrième trimestre 2016. Des recettes en nette inadéquation avec la production des industries forestières, dénoncent des experts. En attendant les hypothétiques conciliations des comptes, l’Etat peut espérer tout juste percevoir 1.5 million de dollars. En dépit du moratoire pour la conversion des titres forestiers et de l’aide logistique de l’Union européenne afin d’y mettre un terme, l’évasion des recettes se porte bien. Et les pertes pour le pays sont colossales. Les dernières enquêtes diligentées par le ministère de l’Environnement sur l’exploitation du bois révèlent un manque à gagner, en moyenne, de 5 millions de dollars en termes d’évasion des recettes. Au regard de tous ces faits, le président la Fédération des industriels forestiers est convaincu qu’il y a manque de volonté de la part de l’administration forestière. Ce ne sont pas de documents qui font défaut. Un récent rapport de l’ONU met à l’index plusieurs autorités, tant civiles que militaires, qui bien que frappées de l’interdiction de faire le commerce, œuvrent dans ce secteur du bois. Le rapport fustige aussi les différentes tracasseries auxquelles butent les exploitants industriels, malgré le fait qu’ils investissent beaucoup de moyens pour exploiter le bois dans la légalité.

« RD Congo : la grippe aviaire touche la province de l’Ituri », titre l’Agence Ecofin. La République démocratique du Congo (RDC) a indiqué la présence du virus hautement pathogène H5 de la grippe aviaire dans la province de l’Ituri, au nord-est. C’est ce que révèle l’Organisation mondiale de la santé animale. Selon l’Organisme qui cite un rapport du ministère congolais de l’Agriculture, la zoonose a entrainé la mort de plus de 12 000 canards et poules dans trois villages frontaliers de l’Ouganda. Les canards sont les espèces aviaires les plus affectées. Si l’origine et la souche exactes de la pandémie n’ont pas encore été précisées, Reuters rapporte que le document du ministère fait état de la présence du type H5N8 du virus en Ouganda et explique que le commerce important de volaille et de produits avicoles au niveau de la frontière devra être pris en compte.

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