Sud-Kivu: l’ONU veut une enquête sur des gradés congolais accusés de trafic d’or

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Un groupe d’experts de l’ONU demande à la République démocratique du Congo d’ouvrir une enquête sur plusieurs officiers de l’armée qui seraient impliqués dans un trafic d’or, ainsi que sur une entreprise minière propriété de ressortissants chinois.

Dans un rapport rendu public lundi 9 janvier 2017, ces experts indiquent que « l’or reste de loin le minéral le plus utilisé pour financer des armes et des réseaux criminels » en RDC, vaste pays riche en ressources naturelles. La plupart de l’or exploité en RDC est sorti du pays en contrebande vers Dubaï ou les Emirats arabes unis, précise ce rapport présenté au Conseil de sécurité le 28 décembre dernier.

L’enquête des experts des Nations unies a permis de découvrir que plusieurs officiers militaires sont impliqués dans la production d’or, en violation des règlements de l’armée et du code minier du pays.

L’armée congolaise a ouvert en septembre des enquêtes contre trois généraux et deux colonels pour leur implication présumée dans des mines du Sud-Kivu, mais en novembre il a été annoncé qu’il n’y aurait pas de poursuites à leur encontre. « Etant donnée la quantité d’informations publiques disponibles le groupe (d’enquêteurs de l’ONU) s’inquiète du fait que l’échec des autorités congolaises à engager des poursuites n’alimente un cycle d’impunité et ne sape les efforts pour mettre fin à l’implication d’officiers de l’armée et de réseaux criminels dans les ressources naturelles », souligne le rapport. Les experts ont en particulier reçu des témoignages de mineurs et d’intermédiaires selon lesquels le colonel John Unega « a contrôlé un puits de mine d’avril à juillet 2016, au pic de la production d’or », dans la région de Mangbwalu (est).

Les experts de l’ONU ont aussi appelé les autorités de Kinshasa à enquêter sur les activités de Kimia Mining dans l’est de la RDC, entreprise apparemment détenue par des ressortissants chinois. En effet, des militaires ont étrangement été déployés pour protéger les activités de dragage de la rivière Ituri par cette entreprise minière, alors que le gouverneur de la région a suspendu toutes ces opérations en juillet dernier en raison d’inquiétudes pour l’environnement. Les enquêteurs ont tenté de joindre les propriétaires de cette entreprise, notamment en passant par le gouvernement chinois, mais ils n’ont pas encore reçu de réponses à leurs questions.


AFP / Africa Time

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